Le verbe se fiche à l’infinitif : une forme méconnue

par Laurent Chabindans Mots d’auteur

Laurent Chabin est un prolifique auteur de romans policiers. Il a publié plus de quatre-vingt romans, dont une soixantaine pour la jeunesse. Le verbe n’a plus de secret pour lui. Mais les révisions lui donnent parfois du fil à retordre…

Le Bescherelle est probablement l’un des livres que j’ai le plus lu dans ma vie. Les réviseurs et réviseures savent à quel point je peux être têtu et tatillon pour des détails. En voici un, entre autres. J’utilise souvent dans mes romans un verbe dont la forme à l’infinitif est tout à fait inhabituelle : se fiche. Se fiche de ce qu’on en pense, par exemple. Chaque fois que j’utilise ce verbe à l’infinitif, les réviseurs me le corrigent en ajoutant un « r » à la fin. Correction que je refuse toujours, arguant du fait que « se fiche » est bien un infinitif. Mais, invariablement, …

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Sept erreurs à éviter dans une lettre de motivation

par Delphine Naumdans Astuces professionnelles

Jean Termin travaille pour une agence de placement. Il passe l’essentiel de ses journées à trier des offres de service en fonction des besoins des clients de l’entreprise. Il lit des dizaines de lettres de motivation et de curriculum vitae. Cet emploi sollicite quotidiennement sa part combative. Cela lui plaît bien. Au-delà de son travail, Jean mène une vie plutôt solitaire. Vieux garçon assumé, il partage son temps entre les salles obscures de cinéma et son impressionnante collection de grammaires et de dictionnaires.

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Ce matin, Jean doit dépouiller une pile d’offres de service pour un poste d’agent d’information dans une « boîte de communications dynamique en plein essor ». Il doit donc trouver un candidat plein d’énergie qui sera prêt à travailler d’arrache-pied pour un maigre salaire. La première lettre de motivation débute ainsi :

Lundi le 1er août 2016.

« Décidément, ça commence mal, …

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1998 : Bescherelle au centre d’une polémique

par Marianne Villeneuvedans Histoire du Bescherelle

L’éditeur français du Bescherelle lançait en août 1997 une nouvelle édition destinée au marché français et international incluant des régionalismes d’Afrique, de Belgique et du Québec. Or, les québécismes cités par centaines dans le guide de la conjugaison étaient tirés du Dictionnaire de la langue québécoise de Léandre Bergeron. Parmi les 608 verbes sélectionnés, la plupart n’étaient même pas formellement reconnus par les Québécois. On pouvait alors y trouver les verbes apprivouéser, anvaler, acmoder, néteyer et haguir.

Le  17 décembre 1997, Hubert Séguin, professeur à l’Institut des langues secondes de l’Université d’Ottawa, écrit dans Le Devoir :

« Ce choix relève ou de l’ignorance ou de la condescendance ou de la naïveté (comme celle du touriste s’exaltant devant le pittoresque de la misère parce qu’elle a l’exotisme de l’ailleurs). Peu importe la raison : ce qui est grave, c’est que ce manuel de référence et d’apprentissage,

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