L’art de rédiger une offre d’emploi

par Delphine Naumdans Anglicismes, Vocabulaire

—  J’ai besoin de ton aide !

Jean adore quand Marie-Laure, la plus charmante de ses collègues, vient ainsi le « déranger » dans son bureau (oui, il y a des guillemets, et parfois aussi des points et des virgules dans les pensées de Jean). Comme d’habitude, Marie-Laure tient entre ses mains l’offre d’emploi d’un client illettré. Jean interprète les visites de la jeune femme comme un prétexte, une façon détournée de lui signifier qu’elle a besoin de lui.

— C’était pour hier. Peux-tu me faire ça rapidement ?

Jean acquiesce avec sang froid. Viennent ensuite les mots jouissifs que Marie-Laure prononce toujours à la perfection :

— Merci, Jean. Tu es mon sauveur !

Il n’en faut pas plus pour galvaniser l’âme guerrière de Jean, qui s’empresse de sortir son stylo rouge pour contrer, une erreur à la fois, le massacre de sa langue chérie. …

Partager cet article

Ce mystérieux -T- dans les interrogations

par Chantal Contantdans Orthographe

Dans les phrases interrogatives où le pronom IL, ELLE ou ON est inversé et relié au verbe par un trait d’union, pourquoi doit-on écrire REVIENDRA-T-IL avec un T intercalé entre deux traits d’union, mais REVIENT-IL sans T supplémentaire?

Le principe est le suivant : si le verbe se termine déjà par T, il est inutile d’ajouter un T supplémentaire. On écrit : COURRAIT-IL? PART-ELLE? DEVRAIT-IL? DOIT-ON? etc. On relie simplement le pronom inversé à l’aide d’un trait d’union.

Par contre, si le verbe se termine par E ou A, la règle demande qu’on intercale un T entre le verbe et le pronom, et qu’on relie le tout par deux traits d’union (pas d’apostrophe!). Notons que les pronoms IL, ELLE et ON commencent tous par une voyelle. Le T intercalé permet d’éviter que la voyelle E ou A qui termine le verbe rencontre la voyelle qui est au début de pronom : MARCHE-T-ELLE? …

Partager cet article

Un calque répandu : adresser un problème

par Jean-Jacques Pelletierdans Anglicismes

En français, adresser est un verbe transitif qui signifie qu’on envoie quelque chose au domicile de quelqu’un. On peut aussi l’employer dans le sens de « dire » : adresser des reproches, ou s’adresser à quelqu’un. Dans son livre Questions d’écriture, l’auteur Jean-Jacques Pelletier s’intéresse à l’usage d’un calque hélas trop répandu : adresser un problème.

― En général, je n’ai guère de sympathie pour les inquisiteurs de la langue. Cela dit, il y a quand même des erreurs qui me font dresser le poil, comme cette habitude grossière, répandue dans le monde des affaires et de l’administration publique, « d’adresser » des problèmes… « J’ai adressé ce sujet la semaine dernière… je vais adresser cette question à la fin de ma conférence »… Je me retiens souvent de demander à qui et dans quel type d’enveloppe ils vont l’adresser ! …

Partager cet article