La correspondance des temps en trois scénarios

par Stéphanie Tétreaultdans Astuces professionnelles

Étant réviseure linguistique depuis une douzaine d’années, j’ai constaté qu’il y avait une difficulté récurrente chez les apprentis auteurs : la concordance ou correspondance des temps. Dans un roman, un des défis majeurs est en effet de bien faire concorder ses verbes. Et ici, je ne parle pas de savoir comment conjuguer ni accorder tel ou tel verbe, mais bien de savoir quel temps de verbe privilégier. Appelons ce concept le système verbal du récit. Par exemple, j’ai souvent eu à réviser des récits entamés au présent de l’indicatif pour la trame narrative présente du récit (l’action). Après quelques chapitres, oups… l’auteur a décidé d’y aller avec le passé simple. (Ou vice versa, car l’auteur réalise qu’il ne maîtrise pas bien le passé simple, un temps de verbe qu’on n’utilise jamais à l’oral.)

Ensuite, qu’advient-il lorsque l’auteur veut écrire une description ou un sentiment? Il doit souvent changer de temps de verbe, par exemple utiliser l’imparfait ou le passé composé. …

Partager cet article

L’art de rédiger une offre d’emploi

par Delphine Naumdans Astuces professionnelles

—  J’ai besoin de ton aide !

Jean adore quand Marie-Laure, la plus charmante de ses collègues, vient ainsi le « déranger » dans son bureau (oui, il y a des guillemets, et parfois aussi des points et des virgules dans les pensées de Jean). Comme d’habitude, Marie-Laure tient entre ses mains l’offre d’emploi d’un client illettré. Jean interprète les visites de la jeune femme comme un prétexte, une façon détournée de lui signifier qu’elle a besoin de lui.

— C’était pour hier. Peux-tu me faire ça rapidement ?

Jean acquiesce avec sang froid. Viennent ensuite les mots jouissifs que Marie-Laure prononce toujours à la perfection :

— Merci, Jean. Tu es mon sauveur !

Il n’en faut pas plus pour galvaniser l’âme guerrière de Jean, qui s’empresse de sortir son stylo rouge pour contrer, une erreur à la fois, le massacre de sa langue chérie. …

Partager cet article

La conversation téléphonique

par Delphine Naumdans Astuces professionnelles

Cet après-midi, Jean Termin doit s’acquitter d’une tâche qui le rend nerveux : subir une conversation téléphonique. Il s’inquiète pour ses délicates oreilles, qui souffrent quotidiennement du massacre chronique de la langue parlée en milieu de travail.

Il prend son courage à deux mains, décroche le combiné, compose le numéro de téléphone et attend en souhaitant que tout se passe bien. Un homme répond :

— Mirliton communications, veuillez garder la ligne…

Une douce mélodie prend le relais de la voix pour signaler que l’appel est mis en attente. Jean fulmine. La musique cesse pour laisser place à la voix de l’employé générateur de fautes.

— Merci d’avoir patienté. Comment puis-je vous aider ?

— Comment m’aider ? Je vais vous le dire : en cessant de convier les  gens à garder la ligne ! En français, on demandera plutôt de rester en  ligne. On pourrait aussi dire ceci : « Un moment, …

Partager cet article