La construction de la locution conjonctive « sans que »

par Christine Ouindans Mots d’auteur

De même que la locution « avant que », la locution « sans que » se construit avec le subjonctif, ce qui s’explique aisément, puisque, dans les deux cas, l’action introduite par ces conjonctions reste virtuelle : elle n’est pas encore réalisée avec « avant que » et elle est écartée avec « sans que ».

Ainsi, « les dents lui poussèrent sans qu’il pleurât une seule fois », raconte Gustave Flaubert au sujet de l’enfance de son héros, dans son conte intitulé La légende de saint Julien l’Hospitalier.

Il ne faut pas ajouter la négation « ne »

Et, surtout, la locution conjonctive « sans que » ne se construit jamais avec le « ne » explétif, règle qui est trop souvent peu connue ou même qui n’est pas connue. Cela se justifie par le fait que « sans » exprime déjà une négation et qu’y ajouter « ne » serait donc redondant. …

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Les subtilités du participe passé

par Christine Ouindans Mots d’auteur

George Sand

« … j’aurais eu des chèvres que j’aurais menées brouter dans les buissons », rêve la Valentine de George Sand, en s’imaginant fermière, car bien que née comtesse, elle est amoureuse d’un paysan. L’auteure, rare précurseure du féminisme au XIXe siècle, nous donne ici à apprécier l’excellence de sa grammaire : en effet, le participe passé suivi d’un infinitif s’accorde avec le complément d’objet direct qui le précède si celui-ci se rapporte à ce participe et qu’il accomplit l’action indiquée par l’infinitif, autrement dit, qu’il en est le sujet : J’aurais mené qui ? Réponse : les chèvres qui auraient brouté.

Autres exemples :

Les personnes que mon frère a vues partir : mon frère a vu qui ? Réponse : les personnes partir.

Les merles que tu as entendus siffler : tu as entendu quoi ?

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Après que et Avant que

par Christine Ouindans Mots d’auteur

« On cherche ce qu’il dit après qu’il a parlé », se moque Chrysale, le mari de Philaminte, en décrivant Trissotin, le pédant poète dont raffole son épouse. Cette réplique est issue des Femmes savantes, une réjouissante comédie de mœurs de Molière, demeurée étonnamment moderne malgré ses trois siècles et demi d’existence. Ne qualifie-t-on pas le français de « langue de Molière » ? Il faut donc admettre que nous pouvons prendre exemple sur ce brillant auteur si cher à nos cœurs : or, c’est bien le passé composé, un temps du mode indicatif, qu’il met dans la bouche de Chrysale lorsque ce personnage utilise la proposition temporelle débutant par « après que ».

Hélas, de nos jours, on lit trop souvent dans les articles de journaux, et parfois même dans la littérature, et l’on entend régulièrement dans la langue parlée, à la radio et à la télévision, la locution conjonctive « après que » construite avec le subjonctif : après qu’elle soit venue, …

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