L’inversion du sujet « je » au présent

par Christine Ouindans Les bons usages

En tant qu’éditrice de romans, je reçois régulièrement des messages de lecteurs et de lectrices attentifs, qui ont relevé des coquilles ou même des fautes dans certains livres. Je leur en suis très reconnaissante, car cela permet d’effectuer les corrections lors des réimpressions. Cependant, il arrive parfois que les « erreurs » indiquées n’en soient pas et témoignent plutôt d’un usage peu fréquent, d’où découle une méconnaissance de la grammaire.

Ainsi, plusieurs lecteurs ont cru noter une inexactitude dans des phrases conjuguées au présent de l’indicatif et construites avec inversion du sujet « je » (prenons l’exemple de décidé-je qui a pu leur paraître fautif). Or, lorsque le verbe conjugué au présent se termine par un e muet à la première personne du singulier (ce qui est le cas de presque tous les verbes du premier groupe), on doit l’écrire avec un accent aigu, tout en le prononçant comme s’il portait un accent grave*. …

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Amener et emmener – Apporter et emporter

par Christine Ouindans Les bons usages

À la fin d’une longue journée qui se termine dans les bouchons, Eugène a envoyé le texto suivant:

«Mamie, mon bus est coincé dans le trafic, merci d’apporter maintenant Adrien à l’aréna, je lui amène là-bas son sac d’équipement.»

Il aurait encore pu se montrer cancre d’une autre façon, pour ne pas manquer de faire sortir sa belle-mère de ses gonds. En effet, il aurait pu écrire :

«Mamie, mon bus est coincé dans le trafic, merci d’emmener maintenant Adrien à l’aréna, je lui emporte là-bas son sac d’équipement.»

Il aurait alors commis des erreurs différentes des précédentes, mais tout aussi fréquentes.

Ici, nous avons affaire à une question de préfixes : le préfixe a- met l’accent sur le lieu d’arrivée et suppose que l’on y dépose celui ou celle que l’on déplace. Ainsi, on amène son enfant à la garderie pour l’y laisser aux bons soins du personnel de garde, …

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Amener ou apporter: le mot juste

par Christine Ouindans Les bons usages

«Mamie, mon bus est coincé dans le trafic, merci d’amener maintenant Adrien à l’aréna, je lui apporte là-bas son sac d’équipement.»

Eugène s’interrompt, le doigt en l’air, avant d’envoyer son texto. « Et si c’était le contraire ? » grommelle-t-il pour lui-même. Sa belle-mère est une enseignante de français à la retraite très à cheval sur l’utilisation correcte de la langue. Elle ne manque jamais de le reprendre quand il commet une faute, ce qui a le don de l’irriter prodigieusement. Fébrile, le papa en retard inverse les verbes :

«Mamie, mon bus est coincé dans le trafic, merci d’apporter maintenant Adrien à l’aréna, je lui amène là-bas son sac d’équipement.»

La réponse vient sans tarder :

«Bravo, Eugène ! Le sac a des pieds et Adrien n’a pas de mains :-)…»

Eugène est consterné ; il s’est encore trompé ! …

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