Le ne explétif

par Christine Ouindans Négation

Il existe en français un « ne » dit explétif : cela signifie que son emploi ne modifie pas la phrase positive en une phrase négative. Il s’utilise pour l’élégance de la proposition, n’altère pas le sens de l’énoncé et se rencontre quasiment exclusivement dans la langue écrite, ayant pratiquement disparu de la langue parlée. Du reste, tous les exemples illustrant ce propos sont extraits de la littérature. Il faut en outre signaler que, dans Le bon usage, son célèbre ouvrage de référence si précieux à tous les grammairiens, Maurice Grevisse se réjouit de la suppression progressive de cette particule inutile qu’il qualifie de parasite. En effet, sa présence s’explique uniquement par le fait que la phrase contient une « idée négative ». Pour résumer, on la relève seulement dans certaines subordonnées introduites par la conjonction « que » et dans les cas suivants :

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L’emploi de la négation

par Chantal Contantdans Négation

Une phrase positive peut être transformée en phrase négative. Voici quelques règles de construction à respecter.

« NE » OBLIGATOIRE

Dans une phrase négative, une erreur fréquente consiste à oublier d’employer l’adverbe ne devant le verbe. Il est fautif, par exemple, de dire *J’ai pas faim ou *Marielle mange aucun légume. La forme correcte est :

Je n’ai pas faim.

Marielle ne mange aucun légume.

L’erreur à l’écrit se produit particulièrement lorsque le mot qui précède le verbe se termine par la lettre n ou le son [n]. Par exemple : *On avait jamais de plaisir, *Personne m’a vu. La bonne forme est :

On n’avait jamais de plaisir.

Personne ne m’a vu.

L’adverbe ne est généralement accompagné d’un autre mot de négation comme les déterminants et pronoms aucun(e),

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La construction de la locution conjonctive « sans que »

par Christine Ouindans Négation

Sans que

De même que la locution « avant que », la locution « sans que » se construit avec le subjonctif, ce qui s’explique aisément, puisque, dans les deux cas, l’action introduite par ces conjonctions reste virtuelle : elle n’est pas encore réalisée avec « avant que » et elle est écartée avec « sans que ».

Ainsi, « les dents lui poussèrent sans qu’il pleurât une seule fois », raconte Gustave Flaubert au sujet de l’enfance de son héros, dans son conte intitulé La légende de saint Julien l’Hospitalier.

Il ne faut pas ajouter la négation « ne »

Et, surtout, la locution conjonctive « sans que » ne se construit jamais avec le « ne » explétif, règle qui est trop souvent peu connue ou même qui n’est pas connue. Cela se justifie par le fait que « sans » exprime déjà une négation et qu’y ajouter « ne » serait donc redondant. …

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