- S’il s’agit de deux adjectifs qualifiant tous les deux le nom, les deux adjectifs s’accordent avec le nom: une écolière sourde-muette, des saveurs aigres-douces, des enfants premiers-nés.
- Les exceptions: Naturellement, il y en a !
- Si le premier adjectif se termine par la voyelle o ou i, il reste invariable : des pièces tragi-comiques, les étudiants anglo-saxons, la vendeuse franco-ontarienne, les sacro-saintes coutumes de Noël, des méthodes audio-visuelles.
- Lorsque l’adjectif composé est dérivé d’un mot lui-même composé, alors le premier adjectif reste invariable. Cela concerne des expressions telles que : les traditions extrême-orientales, les avions long-courriers ou encore les théories libre-échangistes, les associations franc-maçonnes.
- Si le premier mot de l’adjectif composé est un mot invariable (un adverbe, une préposition, un préfixe), il le demeure, bien entendu, et ne s’accorde pas : l’avant-dernière ligne, les clauses sous-entendues, une maison nord-américaine, les lois ultra-conservatrices, une épouse bien-aimée.
- Si le premier mot de l’adjectif composé joue un rôle d’adverbe envers le deuxième, alors il ne s’accorde pas non plus.
C’est en particulier le cas des adjectifs « nouveau », « court », « haut », « fin », « mort ». On écrit ainsi : des jumelles nouveau-nées, des voisines nouveau-venues, des intervenants haut placés, des valises fin prêtes, des chefs-d’œuvre mort-nés.
Jean de La Fontaine nous offre une illustration pertinente de l’emploi adverbial de « court », dans la fable « La laitière et le pot au lait ». Il écrit : Légère et court vêtue, elle allait à grand pas…
C’est également le cas des adjectifs « grand », « frais » et « large », qui restent parfois invariables quand ils sont employés en tant qu’adverbes nuançant un autre adjectif. Voici quelques exemples empruntés à des auteurs renommés.
- Lorsque Anatole France décrit la statue de sainte Gibbosine, dans Les sept femmes de la Barbe-Bleue et autre contes merveilleux: « Ses yeux d’émail grand-ouverts sur sa face d’or… »
- Quand Colette se confie dans son ultime ouvrage, Le fanal bleu, et raconte : « Les magasins où toute denrée semble frais-pondue… »
- Et voyons Alphonse Daudet, admirant une Égyptienne, dans Sapho, son roman d’apprentissage où un jeune Provençal découvre Paris et l’amour : « Ses yeux gris large ouverts… »
- Une exception :
- Dans l’adjectif « tout-puissant », « tout » varie au féminin seulement : des démons tout-puissants, des idées toutes-puissantes.
- L’accord des adjectifs composés de couleur, également complexe, a fait l’objet d’un billet précédent.