Les pièges de l’accord du participe passé

par Christine Ouindans Accord, Participe passé

L’accord du participe passé est sans nul doute l’une des règles les plus complexes de la grammaire française et elle recèle de nombreux écueils. En voici une illustration :

Il arrive parfois qu’un verbe intransitif (nous avons donné la définition d’un verbe intransitif dans un billet précédent, il s’agit d’un verbe qui se construit sans complément d’objet) soit accompagné d’un complément circonstanciel introduit sans préposition : ce verbe peut alors être confondu avec un verbe transitif qui serait suivi de son complément d’objet, celui-ci indiquant ce sur quoi s’exerce l’action exprimée par le verbe ; on risque ainsi d’accorder son participe passé avec ce complément, si celui-ci est placé devant le verbe, alors qu’il devrait rester invariable.

C’est le cas des verbes accompagnés d’un complément de valeur, de prix, de poids, de distance, de durée, comme « valoir », « coûter », « mesurer », « marcher », « courir », « dormir », …

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Les subtilités du participe passé (suite)

par Christine Ouindans Conjugaison, Participe passé

On applique au participe passé du verbe pronominal la même règle décrite dans le billet précédent, c’est-à-dire qu’il s’accorde avec le sujet, si celui-ci accomplit l’action décrite par le verbe à l’infinitif :

« Ils se sont vus mourir » : ils se voient et ils meurent.

Mais « Ils se sont vu condamner à mort » : ils se voient mais ce ne sont pas eux qui condamnent.

Ou encore « Elle s’est sentie piquer un somme » : elle se sent et elle s’endort.

Mais « Elle s’est senti piquer par un moustique » : elle se sent mais c’est le moustique qui la pique.

Il y a des exceptions :

  • Le participe passé du verbe s’imaginer reste invariable lorsqu’il est suivi d’un infinitif :

« Elles s’étaient imaginé prendre le pouvoir » : elles n’ont pas pris le pouvoir en réalité, …

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Les subtilités du participe passé

par Christine Ouindans Conjugaison, Participe passé

George Sand

« … j’aurais eu des chèvres que j’aurais menées brouter dans les buissons », rêve la Valentine de George Sand, en s’imaginant fermière, car bien que née comtesse, elle est amoureuse d’un paysan. L’auteure, rare précurseure du féminisme au XIXe siècle, nous donne ici à apprécier l’excellence de sa grammaire : en effet, le participe passé suivi d’un infinitif s’accorde avec le complément d’objet direct qui le précède si celui-ci se rapporte à ce participe et qu’il accomplit l’action indiquée par l’infinitif, autrement dit, qu’il en est le sujet : J’aurais mené qui ? Réponse : les chèvres qui auraient brouté.

Autres exemples :

Les personnes que mon frère a vues partir : mon frère a vu qui ? Réponse : les personnes partir.

Les merles que tu as entendus siffler : tu as entendu quoi ?

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