Après que et Avant que

par Christine Ouindans Conjugaison, Temps et modes

« On cherche ce qu’il dit après qu’il a parlé », se moque Chrysale, le mari de Philaminte, en décrivant Trissotin, le pédant poète dont raffole son épouse. Cette réplique est issue des Femmes savantes, une réjouissante comédie de mœurs de Molière, demeurée étonnamment moderne malgré ses trois siècles et demi d’existence. Ne qualifie-t-on pas le français de « langue de Molière » ? Il faut donc admettre que nous pouvons prendre exemple sur ce brillant auteur si cher à nos cœurs : or, c’est bien le passé composé, un temps du mode indicatif, qu’il met dans la bouche de Chrysale lorsque ce personnage utilise la proposition temporelle débutant par « après que ».

Hélas, de nos jours, on lit trop souvent dans les articles de journaux, et parfois même dans la littérature, et l’on entend régulièrement dans la langue parlée, à la radio et à la télévision, la locution conjonctive « après que » construite avec le subjonctif : après qu’elle soit venue, …

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Bien conjuguer les formes du subjonctif

par Chantal Contantdans Conjugaison, Temps et modes

Connaissez-vous bien le subjonctif présent? C’est le mode que vous employez lorsque vous dites : il faut qu’il aille à son rendez-vous, qu’il fasse une présentation, qu’il prenne ses médicaments, qu’il mange, qu’il voie ses parents, qu’il soit à l’heure… À l’indicatif présent, on dit : il va à son rendez-vous, il fait une présentation, il prend ses médicaments, il mange, il voit ses parents, il est à l’heure... Le subjonctif est donc, en partie, différent de l’indicatif.

Au singulier, la finale du subjonctif présent est fort simple : -E, -ES, -E pour tous les verbes du français. J’ai bien dit TOUS les verbes, sauf avoir et être. En doutez-vous? Vérifiez dans votre Bescherelle, vous en aurez la confirmation. …

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Les si n’aiment pas les rais

par Christine Ouindans Conjugaison, Temps et modes

« Ah ben mon vieux, si j’aurais su, j’aurais pas venu », pleurniche Petit Gibus dans La Guerre des boutons, un charmant film adapté d’un roman français et sorti dans les années 1960. Cette réplique est devenue rapidement mythique pour toute une génération. Sa renommée tient à l’irrésistible mimique du petit garçon quand il la marmonne, flambant nu ; ses ennemis jurés, les enfants du village voisin, ont arraché tous les boutons qui attachaient ses vêtements.

Mais la notoriété de cette citation découle surtout des deux magistrales fautes de conjugaison qu’elle contient à elle seule : le mauvais emploi du conditionnel dans le premier verbe et l’erreur d’auxiliaire dans le second. Je ne mentionne pas l’omission du « ne », dont l’absence quasi généralisée dans les dialogues des enfants fait force de loi.

La phrase correcte est bien sûr : « …si j’avais su, je ne serais pas venu. »  La leçon de Petit Gibus n’a malheureusement pas traversé le temps. …

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