Procès-verbal: trois erreurs répandues

par Delphine Naumdans Astuces professionnelles

Procès-verbal

Hier, Jean Termin ne s’est pas présenté au travail à cause d’une migraine. Durant son absence avait lieu une réunion du conseil d’administration. On a donc confié la tâche de rédiger le procès-verbal de la rencontre à Marco, un petit nouveau. La qualité linguistique de ce document inquiète Jean. Il demande à en obtenir une copie pour, prétend-il, se tenir « au courant des dossiers importants ».

Il passe d’abord en revue les points à l’ordre du jour : « Ouverture de la réunion », « Adoption de l’ordre du jour »… Franchement, il ne trouve rien à redire; ce procès-verbal commence dans la perfection. Jean se dit qu’il faudra aller en féliciter le rédacteur. « J’ai enfin trouvé mon alter ego », songe-t-il avant de lire la suite du texte. « Adoption et suivi du procès-verbal de la dernière réunion », « Départ de Martin Vinet », …

Partager cet article

Du bon usage du Bescherelle en classe

par Louise Chevrierdans Histoires d’enseignants

Je rends ici hommage à Catherine M., enseignante dans une ville de la Montérégie pendant les années 1990, aujourd’hui à la retraite.

Chez nous, les petits livres verts étaient usés, écornés, consultés régulièrement pour ne pas dire chaque jour par mes deux fils dissipés. Ils ont eu à tour de rôle cette enseignante qui avait trouvé au Bescherelle un usage original ; grâce à elle, ils ont appris leurs conjugaisons sans coups de baguette sur les doigts, mais bien avec des crampes dans la main droite.

Dotée d’un calme olympien et détestant élever la voix, Catherine avait mis au point une méthode hautement pédagogique pour discipliner sa classe de jeunes ados de sixième année. Lorsque l’un d’entre eux décidait de perturber la classe, il était condamné à copier à tous les temps, soit du présent de l’indicatif au plus-que-parfait du subjonctif, le verbe relié à l’offense : bousculer, déranger, insulter, rire (au mauvais moment), …

Partager cet article

Les si n’aiment pas les rais

par Christine Ouindans Mots d’auteur

« Ah ben mon vieux, si j’aurais su, j’aurais pas venu », pleurniche Petit Gibus dans La Guerre des boutons, un charmant film adapté d’un roman français et sorti dans les années 1960. Cette réplique est devenue rapidement mythique pour toute une génération. Sa renommée tient à l’irrésistible mimique du petit garçon quand il la marmonne, flambant nu ; ses ennemis jurés, les enfants du village voisin, ont arraché tous les boutons qui attachaient ses vêtements.

Mais la notoriété de cette citation découle surtout des deux magistrales fautes de conjugaison qu’elle contient à elle seule : le mauvais emploi du conditionnel dans le premier verbe et l’erreur d’auxiliaire dans le second. Je ne mentionne pas l’omission du « ne », dont l’absence quasi généralisée dans les dialogues des enfants fait force de loi.

La phrase correcte est bien sûr : « …si j’avais su, je ne serais pas venu. »  La leçon de Petit Gibus n’a malheureusement pas traversé le temps. …

Partager cet article