Les pièges de l’accord du participe passé

par Christine Ouindans Accord, Participe passé

L’accord du participe passé est sans nul doute l’une des règles les plus complexes de la grammaire française et elle recèle de nombreux écueils. En voici une illustration :

Il arrive parfois qu’un verbe intransitif (nous avons donné la définition d’un verbe intransitif dans un billet précédent, il s’agit d’un verbe qui se construit sans complément d’objet) soit accompagné d’un complément circonstanciel introduit sans préposition : ce verbe peut alors être confondu avec un verbe transitif qui serait suivi de son complément d’objet, celui-ci indiquant ce sur quoi s’exerce l’action exprimée par le verbe ; on risque ainsi d’accorder son participe passé avec ce complément, si celui-ci est placé devant le verbe, alors qu’il devrait rester invariable.

C’est le cas des verbes accompagnés d’un complément de valeur, de prix, de poids, de distance, de durée, comme « valoir », « coûter », « mesurer », « marcher », « courir », « dormir », …

Partager cet article

L’accord de l’expression « avoir l’air »

par Christine Ouindans Accord

Voilà une règle de l’orthographe française qui se décline tout en subtilité ! En effet, selon la signification que l’on prête à l’expression « avoir l’air », l’adjectif qui la suit s’accorde avec le sujet du verbe avoir, qu’il s’agisse d’une personne ou d’un objet, ou bien s’accorde avec le mot air, si c’est celui-ci qu’il qualifie.

Explorons cette règle plus précisément :

1.- Lorsque l’expression prend le sens de sembler ou de paraître, l’adjectif qui la complète s’accorde avec le sujet.

  • Victor Hugo nous en fournit un exemple dans La Légende des siècles, alors qu’il dépeint une gigantesque et lugubre salle à manger : « La lumière a l’air noire et la salle a l’air morte.»  
  • Dans cette acceptation, l’expression s’accorde également avec le sujet du verbe avoir, même si le verbe « être » est intercalé.
Partager cet article

L’accord du nom épithète

par Christine Ouindans Accord

Une épithète est un adjectif que l’on adjoint à un nom ou un pronom pour le qualifier. Elle se rattache généralement au nom directement, sans préposition. À l’opposé de l’adjectif attribut, elle n’est pas introduite par un verbe d’état. L’épithète est placée immédiatement avant ou après le nom qu’elle précise, et s’accorde en genre et en nombre avec lui. Elle apporte une information supplémentaire, mais peut être supprimée sans modifier profondément le sens de la phrase.

Il arrive qu’un nom ou une locution soit utilisé comme épithète afin de caractériser un autre nom. Voici quelques exemples familiers : un chèque cadeau, un public cible, un roman fleuve, une grand-mère gâteau, une carte réseau, une serviette éponge, un bijou fantaisie.

La question qui se pose est de savoir si ce nom épithète s’accorde avec le nom qu’il qualifie. Écrira-t-on « Elle a des manières canaille » ou « Elle a des manières canailles » ? …

Partager cet article