L’élision devant le h muet

par Chantal Contantdans Phonétique

Comment savoir si on doit dire et écrire Nous le haïssons ou Nous l’haïssons ? Je hurle ou J’hurle ?

Certains h sont muets. Les pronoms je, le, la, me, te, se s’élident devant un h muet, c’est-à-dire qu’ils prennent la forme j’, l’, m’, t’ et s’ comme si le h était invisible et que le pronom était directement devant une voyelle (a, e, i, o, u, y). Il y a donc élision dans j’habite ici, Maxim l’héberge, de la même façon que dans j’aime ceci, Maxim l’écoute, car le h des verbes habiter et héberger est muet.

D’autres h sont dits « aspirés », c’est-à-dire qu’ils bloquent l’élision. Ils empêchent les pronoms je, le, la,

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L’inversion du sujet « je » au présent

par Christine Ouindans Conjugaison, Temps et modes

En tant qu’éditrice de romans, je reçois régulièrement des messages de lecteurs et de lectrices attentifs, qui ont relevé des coquilles ou même des fautes dans certains livres. Je leur en suis très reconnaissante, car cela permet d’effectuer les corrections lors des réimpressions. Cependant, il arrive parfois que les « erreurs » indiquées n’en soient pas et témoignent plutôt d’un usage peu fréquent, d’où découle une méconnaissance de la grammaire.

Ainsi, plusieurs lecteurs ont cru noter une inexactitude dans des phrases conjuguées au présent de l’indicatif et construites avec inversion du sujet « je » (prenons l’exemple de décidé-je qui a pu leur paraître fautif). Or, lorsque le verbe conjugué au présent se termine par un e muet à la première personne du singulier (ce qui est le cas de presque tous les verbes du premier groupe), on doit l’écrire avec un accent aigu, tout en le prononçant comme s’il portait un accent grave*. …

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Après que et Avant que

par Christine Ouindans Conjugaison, Temps et modes

« On cherche ce qu’il dit après qu’il a parlé », se moque Chrysale, le mari de Philaminte, en décrivant Trissotin, le pédant poète dont raffole son épouse. Cette réplique est issue des Femmes savantes, une réjouissante comédie de mœurs de Molière, demeurée étonnamment moderne malgré ses trois siècles et demi d’existence. Ne qualifie-t-on pas le français de « langue de Molière » ? Il faut donc admettre que nous pouvons prendre exemple sur ce brillant auteur si cher à nos cœurs : or, c’est bien le passé composé, un temps du mode indicatif, qu’il met dans la bouche de Chrysale lorsque ce personnage utilise la proposition temporelle débutant par « après que ».

Hélas, de nos jours, on lit trop souvent dans les articles de journaux, et parfois même dans la littérature, et l’on entend régulièrement dans la langue parlée, à la radio et à la télévision, la locution conjonctive « après que » construite avec le subjonctif : après qu’elle soit venue, …

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